Slams en musique
Slams écrits
À cause d'la guerre en Ukraine
Y’a plus d’essence dans les stations
Le prix du gaz en explosion
C’est la sobriété européenne
À cause de la guerre en Ukraine
Plus d’huile au supermarché
Le riz, les pâtes, l’orge et le blé
Et même ma moutarde à l’ancienne
À cause de la guerre en Ukraine
Les composants électroniques
Subissent des effets chaotiques
Car même s’ils viennent de Chine
C’est quand même à cause de Poutine
Les boulangers ferment leur porte
La faillite un peu partout l’emporte
L’économie qui se gangrène
À cause de la guerre en Ukraine
Le kilo de viande a triplé
Pour les végans cessons donc de manger
Tous les bestiaux nourris aux OGM
À cause de la guerre en Ukraine
Les banques ne prêtent plus d’argent
C’est dû au taux d’endettement
La mouise pour la classe moyenne
À cause de la guerre en Ukraine
Les poubelles qui brulent à Paris
Notre démocratie qui sent le roussi
Tout ça qui profite à Marine
C’est sûrement à cause de Poutine
Les boulangers ferment leur porte
La faillite un peu partout l’emporte
L’économie qui se gangrène
À cause de la guerre en Ukraine
Pendant ce temps, la bourse en hausse
Les ventes d’armes qui explosent
Pour les profits, y’a plus de gène
Grâce à la guerre en Ukraine
L’équipe de France qui perd en finale
Maintenant c’est la grève générale
Et ma prostate qui fait des siennes
À cause de la guerre en Ukraine
Ma femme qui a foutu le camp
Avec un jeune russe de 20 ans
Et la panne sur ma Citroën
À cause de la guerre en Ukraine
Le réchauffement de la planète
Le monde qui s’barre en cacahouète
Les manifs’ de Sainte-Soline
C’est sûr, c’est à cause de Poutine
Au JT c’est la psychose
Toutes ces infos c’est l’overdose
Et si demain j’ai la migraine
Ce sera à cause d’la guerre en Ukraine
Lola
Lola
Je ne te connais pas
Tu n’es pas mon enfant
Pourtant je pense à toi
Je pense à tes parents
Ce que je sais Lola,
Petite fille de 12 ans
À la une des médias
Tu pourrais être mon enfant.
Lola
J’écris pour toi ce soir
Car j’ai du mal à m’endormir
La crainte, le désespoir
Ou l’envie de vomir
Je ne veux rien savoir
Ce que tu as pu enduré :
Je peux presque le voir
Quand j’ai les yeux fermés.
Lola
Je veux parler de toi
Surtout pas de la folle
Elle ne m’intéresse pas
Son histoire, moi, je m’en cogne
Je veux penser à toi
À ta famille, à ton père, à ta mère
Tu rentrais de l’école
Et de tes devoirs à faire.
Lola
Demain tu seras là
Ancrée dans mes pensées
Dès le matin déjà
Quand j’hésiterai à l’accompagner
Fera-t-elle seule le chemin ?
Une rue à traverser
Ce n’est pas bien loin
Il n’y a pas de danger.
Lola
Tu n’es pas la première
Ce monde ne manque pas
De tous ces faits divers
On les appelle comme ça
La barbarie est dans l’air
Depuis la nuit des temps
L’humanité entière
Tue ses propres enfants.
Lola
Je ne te dirais pas
Que c’était mieux avant
On s’acharnait déjà
Sur les innocents
Mais je me dis tout bas
Encore et maintenant
Le monde ne change pas
N’évolue pas vraiment.
Lola
Une larme de chagrin
C’est bien mon seul présent
Une larme : ce n’est rien
C’est juste l’instant présent
L’oubli est assassin
Alors j’écris en pleurant
Comme ça, je me souviens
Tu pourrais être mon enfant
Antiseche
J’avais bien révisé mon texte
Je le connaissais à mort
Il était encré dans ma tête
Vibrait avec mon corps
J’allais péter la baraque
Mettre les slameurs sur le cul
Ma verve, telle une matraque
Frapperaient… J’avais tout prévu.
Pas besoin d’anti-sèche
C’est sans filet que je joue
Et c’est un peu la dèche
De lire sa feuille de bout en bout.
Mon idée : faire dans le comique
Détendre l’atmosphère
Ajouter quelques mimiques
C’est dans mes cordes, je sais faire
Pas de guitare ni musique
J’ai le temps de poser mes vers
J’arrange le public avec l’art et la manière
Y’a plus qu’à dérouler
C’est sûr, ça va leur plaire
Toute l’assistance va m’acclamer
J’ai un slam du tonnerre !
J’attaque avec mes gros sabots
Un exercice de style :
Débiter mot à mot
Ma partition d’un battement de cils
Mais un rien me déconcentre
Dès le début, je perds le fil
Sonné, la boule au ventre
Je reste bouche bée, immobile
Mes phrases se carapatent
Mon cerveau lent n’a plus le vent en poupe
Aucun répondant, la tête dans l’sac
J’ai l’air d’un con, bref : j’me loupe.
À faire l’acrobate
Quand on manque de pratique
On se mélange vite les pattes
On bafouille, on panique
Avec un peu de recul
Forcé de constater
Que pour jouer les funambules
Il faut s’entrainer
D’un aplomb bien trop fragile
L’improvisation m’a fait défaut
Ma mémoire devenue stérile
J’étais concentré oui, mais en deux mots !
Sans commettre de faille
Les autres poètes se suivent
Car l’équilibre se travaille
Et la prestance se cultive
De ma prestation minable
Je retiendrai leur bienveillance
Cette sensation agréable et preuve d’intelligence
Qui me rappelle avec humilité
Qu’à l’avenir, je loge au fond de ma poche
Au cas où, un petit bout de papier
Pour ne plus jamais passer pour une cloche.
Tranche de vie
Elle travaille dans le bureau en face
Elle tape toujours sur son clavier
Une tisane dans la tasse
Elle n’aime pas trop le café
Il la regarde à travers la glace
Il rêve de lui faire la cour
Depuis tant d’années qu’il s’efface
Il ira lui parler un jour.
Il approche des 50 ans
Il se rappelle comme hier
De ses 28 printemps
Mais depuis est passé l’hiver
Il rentre dans l’appartement
Sort une pizza qu’il met au four
S’assoit tranquille dans son divan
Et regarde les infos du jour.
Elle a dépassé les 40 ans
La vie pour elle est ainsi faite
Elle n’aura pas le moindre enfant
Elle ne s’est jamais sentie prête
Elle cache toujours ses sentiments
Et pleure parfois en cachette
Elle aimerait qu’ils soient amants
Mais elle préfère rester discrète.
De certitude en solitude
Persuadés de ne pas faire l’affaire
Deux âmes sœurs aux habitudes
Qui n’osent pas faire la paire
Mais la vie avance à grands pas
Laissant traîner juste derrière
Un bonheur frôler du doigt
Et des remords flottant dans l’air.
The walking Geeks
Oyé-oyé braves gens, humanoïdes cellulaires
Nous voilà tous greffés au réseau planétaire
Connectés en permanence au wifi
Les ondes traversent notre esprit
Elles collectent des infos sur notre vie
Pour des multinationales qui nous épient.
Tu loges dans ton portable ton agenda
Tes amis, tes amours, tes envies
Dès que t’as 5 minutes, tu remets ça :
Tu joues, tu cherches, tu fouines, tu lis
Et comme si ça ne suffisait pas
Tu filmes, tu flashes, tu torches, tu «cloudes»
C’est si pratique que t’en oublis
Qu’un portable, ce n’est pas un ami.
Les amis : tu les as sur la toile
Instagram pic et pic et colégram
Tic et Toc et ratatam
C’est ta vie que tu dévoiles !
T’exposes en reality show
Tes pensées, tes ennuis, tes photos
T’attends des likes, des commentaires
Quelques smileys que tu crois sincères.
Pour bien suivre ta santé
Tu te payes une montre connectée
Tu verras si t’as le bon sommeil
Les calories dépensées depuis le réveil
Elle mesure ton rythme cardiaque
Si t’es stressé ou patraque
Plus besoin d’écouter ton corps
Ton accessoire fait cet effort.
Bientôt la nano technologie
Communication par télépathie
Sous notre peau des implants,
Dans nos pupilles : des écrans
Insidieusement, s’installe la dépendance
À de nouvelles formes d’intelligence
S’il existe un pouvoir en expansion
C’est le pouvoir de suggestion
Guidant nos pas dans le même sens
Nos neurones sous influence
D’une intelligence artificielle
Sans personne qui tire les ficelles ?
Le temps où les machines prendront le pas
N’est plus si loin,
Le temps où nos pensées marcheront au pas
L’est encore moins.
À moins qu’un bug électromagnétique
Ou une de cyberattaque terroriste
Diffusant un bug ou virus numérique
Nous ramène à l’âge préhistorique
Nous redeviendrions de simples humains
Amenés à reconstruire un lendemain
Tenant entre nos mains
Une nouvelle fois notre destin.
Les plus « accrocs » ne pourront rebondir
Cerveaux ramollis, incapables de réagir
L’instinct de survie leur sera dépourvu
On les appellera « les fichiers corrompus »
Errants, déconnectés de la réalité
À la recherche, pour se rassasier
D’une parabole, d’une antenne relais
De rayons gamma, delta, ultra-violet.
Oyé oyé, humanoïdes décérébrés
L’air des «Zondes-bies » est arrivée
Tous dans le casting :
« The walking geeks age is coming »
Un peu comme de pauvres bêtes
Perdues dans le brouillard et la tempêtes
Nous panserons nos blessures
Pour nous reconnecter, enfin, à mère nature.
Un prince charmant
Nombre de femmes, dit-on
Rêvent d’un prince charmant
A tort ou à raison
Elles attendent ce bel amant
Il existe bel et bien
Car il y a fort fort longtemps
Je l’ai croisé sur mon chemin
Je n’étais alors qu’un enfant.
Un week-end sur deux
On allait chez maman
Place-Clichy loin du vieux
On s’baladait souvent
On était presque heureux
Ce n’était pas bien grand
Dans l’hôtel miteux
Une chambre en attendant.
A chaque fin de marché
Les produits invendus
Qu’elle allait ramasser
Aux quatre coins de la rue
Il fallait bien trouver
Quelque chose au menu
Elle pouvait pas gagner
Toujours au PMU.
Le soir, jusqu’à la Chapelle
On longeait l’avenue
De la fête foraine
Ce que j’ai retenu
Ce sont les demoiselles
Défilant ventre nu
Ces spectacles sensuels
Je n’les ai jamais vus.
Toutes les jolies filles
Aux affiches des shows
Dilataient mes pupilles
Je n’voyais que le rideau
Mais avant chaque balade
On faisait un détour
Le rituel un peu fade
N’était pas assez court.
Sur le trottoir en face
Du grand immeuble à balcons
Plantés comme des bécasses
Les yeux levés en direction
Du logement en terrasse
On avait l’air un peu cons
On attendait qu’il fasse
Un signe, Marcel c’était son nom.
Deux secondes de bonheur
Les yeux de maman étincelaient
Se réchauffer le cœur
C’est tout ce qu’elle voulait
Si jamais par malheur
On repartait bredouille
Elle avait son humeur
Des mauvais jours.
Maudissant la mégère
Qui avait pour mari
Cet homme exemplaire
Qui partageait sa vie
Il avait tout pour plaire
Sérieux droit comme un « I »
C’était aussi un expert
En cachotteries.
L’heure de la promenade
Du caniche à pépère
N’était qu’une dérobade
Pour un p’tit adultère
Et pour peu qu’il s’attarde
Dans les bras de ma mère
Il avait comme parade
C’est le chien qui prend l’air.
Les visites à l’hôtel
Était trop exposées
Pour monsieur Marcel
Et sa tranquillité
Maman avait trouvé
Une loge de concierge
Discrétion assurée
Plus besoin qu’il gamberge.
Des croquettes pour le chien
Au whisky pour le maître
Deux verres à moitié pleins
Elle était toujours prête
C’était son quotidien
Elle se faisait coquette
Rêvant des lendemains
Ensemble, c’était sa quête.
De son coté, préférant se taire
La mégère n’était pas dupe
Pour une femme ordinaire
C’était la meilleure attitude
Les deux femmes se croisaient
Parfois au bout de la rue
Une sordide rivalité se mêlait
Aux regards convenus.
Il disait qu’il la quittera dès…
Qu’les enfants seront grands
Qu’la maison sera payée
Il faut être patient
Il la quittera dès…
Ce n’était pas des salades
Une fois qu’il sera retraité
Quand elle ne sera plus malade.
…Mais le temps passe
Le caniche vieillit
Le prince se lasse
Il n’a plus très envie
Les attentes en vain
Dans sa loge, elle finit
Parce qu’il le faut bien
Les deux verres de whisky.
Le petit bout de femme
Rêvant du grand amour
Voit s’éteindre la flamme
Un peu plus chaque jour
Un verre pour oublier
Un autre pour s’endormir
Un autre pour s’habituer
Et mille autres à venir.
Qu’on ne me parle plus
De prince charmant
Pour ce que j’en ai vu
Il y a fort fort longtemps
Ce n’est qu’un peigne-cul
Qui se joue des sentiments
Des femmes qu’il a connues
Bref, un bien triste amant.
Estelle
On n’a rien vu venir,
Tu le cachais bien derrière ton sourire.
Hier encore on parlait du mauvais temps
Tu n’as pas sourcillé un instant.
J’aimais te titiller un peu
Et toi, tu jouais le jeu.
Tu répondais du tac-au-tac
A mes blagues, à mes remarques.
Je te connaissais un peu
Mais pas assez et je m’en veux.
Hier encore je plaisantais
Et comme toujours tu répondais.
J’aurais peut-être dû sentir
Dans ta réponse le p’tit soupir,
Mais je n’ai jamais eu le nez fin
Pour dénicher un tel chagrin.
Je me demande ce qu’on a loupé
Comment pouvait-on deviner ?
Tu aurais pu nous prévenir
Nous donner de quoi réfléchir,
Nous mettre la puce à l’oreille,
Pour qu’on se bouge, qu’on se réveille.
Nous dire à quel point tu pouvais souffrir
Que t’étais prête à en finir.
Mais ce n’était pas ton style,
De montrer ton coté fragile.
Tu paraissais si forte de l’extérieur
Et moi, j’étais ailleurs.
On n’a rien vu venir,
Tu le cachais bien derrière ton sourire.
Le mal-être te rongeait à petit feu,
Il était là, devant nos yeux.
Tes coups de gueule : on s’en souvient
Toujours à défendre la veuve et l’orphelin.
Pour rendre service, tu ne comptais pas les heures
Sûr, tu prenais les choses un peu trop à cœur.
Tu parlais cash, tu parlais franc,
Pas de filtre, parfois avec entêtement,
Tu avais tes principes à défendre
Et tu voulais les faire entendre.
Une société qui en oublie l’humain
N’a pas de sens, pas de destin ?
Fallait-il aller jusque-là, Estelle,
Pour nous ramener à l’essentiel ?
Tu n’as pas juste « essayé »,
Tu n’avais pas l’intention d’échouer.
Ce n’était pas une tentative, un détour,
Une manière d’appeler au secours.
Tu nous plantes là, avec nos remords
Nous laissant à notre triste sort.
On va pleurer encore longtemps
En se demandant pourquoi ? comment ?
J’aimerais finir sur une note positive
Mais il n’y a pas d’alternative,
On n’a rien vu venir,
J’ai peur de ne pas mieux voir à l’avenir.
Comment déceler les signes,
Comment lire entre les lignes,
Comment éviter l’irréparable,
Puisqu’on est tous, quelque part, vulnérables ?
Des vers et des mots
A l’endroit comme à l’envers
Je prends les mots à revers
J’ai le verlan pas très rapide
Quand je remplis mon verre vide
Le rythme des mots s’écoule
Si des fois je me saoule
C’est que mes mots sont vains
Et que le verre est plein.
Depuis que mes maux s’emballent
Je cherche à combattre le mal
Donner un sens à mes mots
Pour en rédiger un mémo
Et tout ça pour aller vers où ?
Je ne sais pas, j’ai ouverts le verrou
Depuis mes vers partent en tous sens
Ils en perdent même leur essence.
En amont, en aval, se déversant
Mes mots s’éparpillent sur les deux versants
D’une montagne de feuilles froissées
Qui s’amoncellent à mes pieds
Si je ne trouve pas dix vers pour me divertir
Ni cents mots, je vais bientôt me maudire
Je ne pourrais plus verbaliser
Que des vers balisés.
Parfois, mes mots ne volent pas bien haut
Je coule et me noie sous des vers bedeaux
Mes vers, de terre, s’enterrent et tombent
Je devrais me taire comme une tombe.
Quand je suis seul et que pointe l’ennui
J’attrape un ver solitaire à la pointe de la nuit
Mes vers intelligents, je les signe Nulbro
Et les vers indigents au signe du ver sot.
Tout ça donne des maux de tête
A devenir tout vert mais je m’entête
Je sers aussi mes mots à découvert
Nul besoin d’assiettes ou de couverts
Je les dessers et les déguste
S’ils sont trop longs, je les ajuste
Il y en a pour tous les goûts
Des rats de bibliothèque aux rats d’égout.
A force de mettre mes vers en morceaux
Et de les recoller mot à mots
Je finirai bien par faire une mosaïque
Ou mieux un vitrail magnifique
Reflétant chaque jour la lumière
On verra mes mots à travers
Été comme hiver le soleil déversant
Ses rayons sur un univers des mots renversants.
J’en fini par avoir des vertiges
Mes mots se plantent et se figent
Je pourrais bien terminer sur le carreau
Des bouts de vers plantés dans la peau
J’aurais alors, pire qu’un mal de mer
J’aurais des maux de vers
Pas facile alors de composer
Avec des vers sans poser le moindre pied
Espece unique
Coté obscure :
Mon mode de prolifération :
Me reproduire sans restriction
Atteindre la surpopulation
Quitte à causer ma propre extinction.
D’une boulimie insatiable
J’anéantis des forêts entières
Je suce le sang de la terre
J’épuise les ressources dont je me sers.
Mon agressivité notoire
Décime des populations humaines
Pour m’approprier un territoire
Ou d’autres raisons comme la haine.
Parfois je m’adonne à la violence gratuite
J’extermine des espèces entières
Par pur plaisir, parce que ça m’excite
Ou par profit et j’en suis fier.
Un peu mégalo sur les bords
Je modifie mon environnement
Le gris est la couleur que j’adore
Je kif le bitume, le béton, le ciment.
Par goût pour la démesure
Je construis un habitat contre nature
Composé de superstructures
Dans des mégapoles qui saturent.
Des pulsions morbides qui l’animent
J’invente des armes de destruction massive
Pour tuer à distance de façon anonyme
A coup de bombes ou champs de mines.
Défiant le bon sens et la logique
Je suis une espèce unique
Du savant fou au monarque prétentieux
Je vais jusqu’à me prendre pour Dieu.
Coté lumière :
J’ai des aspects plus flatteurs
Et peut-être aussi révélateurs
D’une personnalité complexe
Qui s’adapte selon le contexte.
Je communique avec des mots
Avec des gestes et à propos
Mes émotions sur mon visage
Se lisent comme des images.
J’ai développé un sens critique
Le discernement comme optique
La philosophie pour adage
Parfois alors je deviens sage.
Quand s’abat sur ma tête
Les malheurs d’une vie mal faite
Je me transcende et je me bats
Pour les porter à bout de bras.
Je réfléchis sur l’existence
J’y cherche en toute logique un sens
Dans l’écriture ou dans les arts
Je retranscris une mémoire.
Je m’extasie devant le beau
Un coucher de soleil sur l’eau
Une musique ou un poème
L’origine du monde que j’aime.
Enfin, j’ai la faculté d’aimer
Bien plus que de procréer
De pouvoir donner du plaisir
Mais aussi d’en ressentir.
Capable du meilleur comme du pire
Passant des larmes aux sourires
Tantôt violent ou pacifique
Je suis bien une espèce unique.